L’Abbé Grégoire, Les Juifs et la première République noire

 

C’est à l’instigation de l’abbé Grégoire, écrivant à son ami Berr-Bing de Metz, que les Juifs de l’Est décidèrent de se réunir pour rédiger leurs cahiers de doléances. Cerf-Berr intervint et le 15 avril 1789 écrivit à Necker pour demander la possibilité d’organiser des réunions dans ces communautés de l’Est. Cette demande fut acceptée et le Juifs de l’Est tinrent des assemblées primaires vers la fin mai, ils y préparèrent leurs revendications. Les cahiers reprenaient les demandes formulées à Malesherbes concernant la liberté de résidence, l’égalité devant l’impôt, le droit d’exercer tous les métiers. Ces différents cahiers furent synthétisés en un mémoire final qui fut remis à Grégoire. Celui-ci était d’office désigné comme le principal avocat des Juifs aux Etats Généraux.Les  premières assemblées de gens de couleur se tinrent à Paris en Août 1789.Ils se réunissaient à l’hôtel d’Argenson et rédigèrent un cahier de doléances en septembre. Celui-ci rendait compte des injustices dont ils étaient l’objet et se terminait par une adresse à l’Assemblée nationale lui demandant d’admettre des députés de couleur libre. Ils furent admis à la séance et posèrent par leur présence  le problème racial. La différence de couleur de peau crée-t-elle une différence de droits ? C’est alors que l’Abbé Grégoire intervient, il reçoit la délégation, écoute leurs plaintes et publie en novembre 1789 son célèbre « Mémoire en faveur des gens de couleur ou sang mêlés de Saint-Domingue et des autres îles françaises de l’Amérique »,  adressé à l’Assemblée nationale.Dès la proclamation de l’indépendance haïtienne,  l’Abbé Grégoire ne cacha pas sa sympathie pour Haïti. D’ailleurs, il consacrera  trois ouvrages à la première république noire : Lettre aux citoyens de couleurs  et nègres libres de Saint-Domingue,  De la liberté de conscience et de culte à Haïti,   Epître aux Haïtiens. Pour Grégoire, l’indépendance d’Haïti était un symbole : « Haïti libre est un phare élevé sur les Antilles » disait-il. Pour lui, c’était le deuxième état indépendant d’Amérique, et le premier état noir.

 

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